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DOSSIER

PRODUCTION ET COMMERCIALISATION DES CULTURES VIVRIERES

manioc Place des productions vivrières dans l’économie ivoirienne

Les cultures vivrières occupent plus de 2 300 000 actifs agricoles majoritairement féminins.
Les cultures vivrières, c’est aussi plus de 2 400 000 hectares cultivés par an.
De part leurs tonnages (11 000 000), les produits vivriers viennent en tête de toutes les productions agricoles du pays pour un chiffre d’affaires de plus de 700 milliards de FCFA soit 7% du PIB.
Seulement 25% de ce volume est commercialisé chaque année.

Les principales spéculations vivrières:

Le riz

Quantités produites : de 1 100 000 tonnes en 2000, la production actuelle est  d’environ 700 000 tonnes.
Zones de production : toutes les régions de Côte d’Ivoire et principalement dans les régions de Man, Daloa, Gagnoa, San Pédro, Divo, Lakota.
Le riz est produit d’abord pour l’autoconsommation.

Le maïs

Quantités produites : 870 000 tonnes,
Zones de production : Dans toutes les régions de Côte d’Ivoire.

Le manioc

Quantités produites : 2 700 000 tonnes,
Zones de production : Régions guinéennes et moyennes de la Côte d’Ivoire

L’igname

Quantités produites : 3 850 000 tonnes
Zones de production : Régions Nord, Nord-Est et Centre de la Côte d’Ivoire.

La banane plantain

Quantités produites : 1 850 000 tonnes,
Zones de production : Man, Duékoué, Daloa, Issia, Soubré, Oumé, Divo.

L’ arachide

Quantités produites : 155 000 tonnes,
Zones de production : Régions centre et Nord de la Côte d’Ivoire

Les légumes

Quantités produites : 760 000 tonnes
Zones de production : Toutes les régions de la Côte d’Ivoire pour les légumes de type africain et autour des grandes villes pour les légumes dits de type européen. Notons le cas spécifique de la tomate qui est produite aujourd’hui presqu’ exclusivement dans les départements d’Abengourou et d’Agnibilékrou.

Des céréales de moindre importance en volume telles que le mil, le sorgho, le fonio sont produites dans la région Nord avec des quantités totales avoisinant annuellement 150 000 tonnes.Il faut noter enfin des spéculations comme la patate douce et le tarot dont on ne maîtrise pas le niveau de production mais qui représentent dans certaines régions, l’alimentation de base des populations

Le profil de la situation alimentaire en Côte d’Ivoire

L’analyse de la situation alimentaire de la Côte d’Ivoire aboutit à un bilan acceptable. En effet, avec une production vivrière brute estimée à plus de  11 000 000 tonnes en 2002, la CI dispose de ressources largement supérieures à ses besoins de consommation. Cependant, le pays se trouve contraint d’importer à grands frais des quantités considérables de riz, spéculation pour laquelle il affiche un déficit. De l’ordre de 700 000 tonnes aujourd’hui, ce déficit est matérialisé par un niveau élevé d’importations de riz blanc.  
Plusieurs raisons expliquent cette situation particulière du riz :

  • le choix politique opéré il y a quelques années par l’Etat d’acheter du riz sur le marché international au lieu de subventionner la production rizicole ivoirienne, 
  • la croissance de la demande nationale consécutive à une démographie élevée  (3,8%/an) doublée d’une croissance exponentielle des populations urbaines (5,3%/an) ;
  • le poids élevé du riz dans la structure de consommation des ménages urbains ;
  • les pratiques protectionnistes des acteurs des filières vivrières caractérisées par le développement de véritables oligopoles fermés et les stratégies paysannes pour réduire les risques dus aux climats et à l’instabilité des prix.

ignamesCaractéristiques des productions vivrières 

- Le système de production des vivriers

Le système ivoirien de production des vivriers s’apparente encore à une activité d’autosubsistance, menée essentiellement par les femmes.
Le tableau suivant présente les atouts et les contraintes de ce système qui permet un approvisionnement des populations en igname, banane plantain, riz, maïs, … principaux produits qui entrent dans leur alimentation.

 

ATOUTS

CONTRAINTES

  • L’existence d’un marché potentiel ;
  • L’existence de voies de communication praticables en toutes saisons;
  • L’existence de variétés sélectionnées d’espèces vivrières mises au point localement par les structures de recherche et disponibles immédiatement ;
  • La vocation agricole du pays   au regard des conditions naturelles et des ressources humaines. En effet la Côte d’Ivoire dispose de ressources abondantes en terres, une pluviométrie suffisante, des agriculteurs généreux dans l’effort et  un savoir–faire traditionnel appréciable;
  • L’existence de l’ANADER (avec ses centres de formation) pour le conseil agricole, les études et la formation;
  • La mise en place du fonds national de solidarité.

 

  • Une production issue d’exploitants  individuels agissant sur de micro-parcelles (0,25 à 0,80 ha) ;
  • Un objectif d’autoconsommation chez les producteurs;
  • Une prépondérance de la culture pluviale ;
  • Un système cultural itinérant, extensif, manuel, utilisant très peu d’intrants agricoles et dévoreur d’espace;
  • Une main d’œuvre rare et chère ;
  •  Des difficultés d’accès aux facteurs de production ;
  •  Un accroissement important des superficies plantées en cultures pérennes (café, cacao et palmier à huile) réduisant du coup les espaces réservés aux cultures vivrières ;
  • Un système de commercialisation tributaire du secteur informel, donc non organisé;
  • Une instabilité des prix due au caractère saisonnier des productions ;
  • Des difficultés de financement des campagnes
  • Des produits trop périssables ;
  • Des produits très mal distribués ;
  • Des coûts de transport très élevés ;
  • Inexistence de systèmes d’information sur les marchés.

 - Les perspectives

Développer le secteur des cultures vivrières, c’est s’attaquer aux contraintes ci-dessus énumérées. Autrement dit, il s’agit de résoudre des problèmes de :

  • Production : utilisation de matériel végétal amélioré, application rigoureuse des itinéraires techniques, par l’observation des calendriers culturaux et l’utilisation efficiente des facteurs de production agricoles pour réduire les pénuries saisonnières ;
  • Commercialisation : organisation des producteurs pour la mise en commun des productions, connaissance des marchés par la mise au point de systèmes d’information performants, connaissance des méthodes de formation des prix, ….
  • Financement : en attendant la mise sur pied d’un organisme de financement agricole, les producteurs à travers leurs organisations, doivent adhérer aux structures de micro-financement existantes.
  • Conservation : mise à disposition aux opérateurs de petites technologies de transformation et de conservation en vue de mieux valoriser les productions vivrières ;
  • Transport : amélioration des voies d’accès aux zones de production.

En conclusion, La Côte d’Ivoire dispose d’un ensemble de cultures vivrières (céréales et tubercules) avec des niveaux de production capable d’assurer ses besoins de consommation. En effet, maïs, mil, fonio, sorgho, manioc, banane plantain, igname, patate, tarot, arachide, légumes (tomate, aubergine, gombo,  etc…) maraîcher (salade, chou, carotte, etc…), autant de produits  qui entrent chaque jour dans l’alimentation des ivoiriens. 
Un problème important demeure cependant, celui du riz dont le faible niveau de production exige des importations notoires pour combler les déficits observés. Cependant, la CI dispose de toutes les conditions pour produire du riz et limiter sa dépendance vis à vis de l’extérieur. Il suffira pour cela d’inverser les choix politiques faits il y a quelques années : accepter de subventionner la production locale et acheter moins sur le marché international….

 

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