La Côte d’Ivoire est le deuxième producteur de l’espace UEMOA avec 700 000 tonnes de riz blanchi (en 2005), après le Mali (945 000 tonnes) et avant le Sénégal (279 000 tonnes). Avec ce tonnage, la production nationale de riz ne satisfait que 50% de la consommation intérieure estimée à 1 3000 000 tonnes, malgré les conditions favorables à la culture du riz. Pour combler ce déficit, la Côte d’Ivoire a recours à des importations massives qui se chiffrent aujourd’hui à plus de 150 milliards de Fcfa, et provenant essentiellement des pays asiatiques tels que la Chine, la Thaïlande, le Vietnam et le Pakistan.
La Thaïlande qui est le principal fournisseur de la Côte d’Ivoire avec 50% des importations, connaît une forte baisse de production d’environ 25% due à des raisons de variations climatiques.
En effet, la Thaïlande a produit en 2006, 30 millions de tonnes de paddy et exporté 8,8 millions de tonnes de riz blanc. La production de paddy de 2007 a baissé jusqu’à 22 millions de tonnes de paddy, soit 8 millions de tonnes en moins qu’en 2006.
Avec ses pays fournisseurs dans l’impossibilité de satisfaire ses besoins et une production nationale déficitaire, la Côte d’ivoire se trouve dans une situation bien délicate.
Ainsi, la rareté du riz blanchi constatée sur le marché mondial en 2007 pose avec acuité le problème de l’autosuffisance en riz en Côte d’Ivoire. Face à cette situation qui a occasionné des manifestations de rue, la Côte d’Ivoire s’est engagée à conduire un programme d’urgence « Tous pour le riz » pour le court terme en vue de parer au plus pressé.
Ce programme va contribuer au cours de la campagne 2008/2009 à atténuer de façon urgente la pénurie en perspective de riz au plan mondial, et à la stabilisation de la production au niveau des sites aménagés, améliorer les conditions de production et de transformation, favoriser la création d’emplois et consolider les organisations professionnelles agricoles.
La mise en œuvre de ce programme suppose la réalisation de plusieurs actions dont les plus saillantes sont les suivantes :
- mettre en culture de riz, environ 34 000 ha de terres aménagées ou en condition inondée,
- mettre en culture intensive de riz, 5 000 ha de plateau en condition pluviale au nord du pays,
- mettre à la disposition des exploitants de ces sites les intrants agricoles (engrais, herbicides et semences en partie),
- mettre en plus à la disposition des populations des régions du Moyen Cavally, des 18 Montagnes, des Savanes, du Bafing, du Denguélé et du Worodougou, des petits matériels,
- Encourager la mise en valeur des plaines inondables des régions favorables à ce type de riziculture, par apport de semences et engrais,
- Réhabiliter 1 000 ha de bas fonds sur les 3 400 ha prévus par l’EPDI, ,
- Initier la production de semences de variétés améliorées et productives à grande échelle pour les prochaines campagnes.
La superficie concernée par le programme est de 33 900 ha pour le riz de bas fonds et de 5 000 ha pour le riz de plateau, soit au total 38 900 ha.
Le programme d’urgence « Tous pour le riz », évalué à 16 735 600 000 F CFA , permettra d’atteindre les résultats suivants :
- 200 000 tonnes supplémentaires de riz blanchi pour une valeur marchande de plus de 60 milliards de francs CFA dans l’année 2008 ;
- Mise en marché de 900 000 tonnes de riz blanchi issue de la production nationale ce qui réduira les importations de 25% en 2008 et permettra une économie de devise d’environ 35,7 milliards de francs CFA ;
- Un prix de vente de cette production au consommateur relativement maîtrisée autour de 300 FCFA le kilogramme permettant de contribuer à l’apaisement du front social ;
- La création d’au moins 20 000 emplois supplémentaires dans la filière.
Ce programme d’urgence est en fait un volet de la stratégie globale du gouvernement ivoirien pour accroître la production nationale afin de sécuriser l’approvisionnement des populations en riz blanchi.
Source : NOTE D’ORIENTATION DE RELANCE DE L’ACTIVITE RIZICOLE EN COTE D’IVOIRE
POINT DES SUPERFICIES AMENAGEES POUR LA RIZICULTURE IRRIGUEE
N° ORDRE |
REGIONS |
SUPERFICIES AMENAGEES (HA) |
1 |
BAFING |
444 |
2 |
DENGUELE |
1 700 |
3 |
18 MONTAGNES |
4 037 |
4 |
MOYEN CAVALLY |
1 932 |
5 |
SAVANES |
5 510 |
6 |
VALLEE DU BANDAMA |
3 176 |
7 |
ZANZAN |
1 069 |
8 |
HAUT SASSANDRA |
2 150 |
9 |
LACS |
3 329 |
10 |
LAGUNES |
230 |
11 |
SUD COMOE |
30 |
12 |
AGNEBY |
778 |
13 |
MOYEN COMOE |
220 |
14 |
N’ZI COMOE |
981 |
15 |
MARAHOUE |
1 085 |
16 |
SUD BANDAMA |
714 |
17 |
FROMAGER |
1 691 |
18 |
BAS SASSANDRA |
2 025 |
19 |
WORODOUGOU |
0 |
|
TOTAL |
31 101 |
Source : l’étude relative à l’élaboration d’un plan de développement de l’irrigation (EPDI) et PNR
POINT DES SUPERFICIES INONDABLES ET RIZICULTIVABLES ESTIMEES
N° |
Régions |
SUPERFICIES (ha) |
1 |
BAFING |
200 |
2 |
DENGUELE |
300 |
5 |
SAVANES |
400 |
6 |
VALLEE DU BANDAMA |
400 |
8 |
HAUT SASSANDRA |
300 |
10 |
LAGUNES |
400 |
15 |
MARAHOUE |
200 |
17 |
FROMAGER |
300 |
19 |
WORODOUGOU |
300 |
|
TOTAL |
2 800 |
UN PROGRAMME D'URGENCE POUR LA SOUVERAINETE ALIMENTAIRE
Source : LAROUSSE
Le riz est une source de magnésium ; il contient de la niacine, de la vitamine B6, de la thiamine, du phosphore, du zinc et du cuivre ainsi que des traces d'acide pantothénique de potassium et du fer dans certaines variétés. Le riz blanc est une des céréales les plus pauvres en protéines (certaines variétés améliorées en fournissent cependant jusqu'à 14 g par 100 g).
Origine et histoire
A l'origine le riz poussait à l'état sauvage, mais aujourd'hui les variétés cultivées dans la plupart des pays appartiennent au genre Oryza, comptant une vingtaine d'espèces dont deux seulement présentent un intérêt agricole pour l'homme :
- Oryza sativa (riz commun asiatique et présent dans la plus part des pays rizicoles dans le monde) originaire de l'Extrême-Orient au pied du mont himalayen donnant du coté chinois la sous espèce O. sativa japonica, et du cote indien la sous espèce O. sativa indica. La quasi-totalité des variétés cultivées lui appartienne, grâce notamment à la grande plasticité de cette espèce et à ses caractéristiques gustatives;
- Oryza glaberrima, espèce annuelle originaire d'Afrique occidentale, du delta central du Niger au Sénégal.
La culture du riz semble avoir été adoptée voici plus de 6500 ans, se développant parallèlement dans plusieurs pays : les premières cultures apparaissent en Chine 5000 ans avant notre ère, sur le site de Hemu Du, ainsi qu'en Thaïlande vers 4500 av. J.C., pour ensuite apparaître au Cambodge, au Vietnam et en Inde du Sud. De là, les espèces dérivées appelées japonica (type de culture irriguée de zone tempérée, à grains moyens ou petits, dit aussi grains arrondis et de culture inondée de zone tropicale chaude) et indica (type de culture irriguée de zone tropicale chaude, à grains allongés, minces et plats) se sont étendues vers les autres pays asiatiques : Corée, Japon, Myanmar, Pakistan, Sri Lanka, Philippines, Indonésie.
Vers 800 av. J.C., le riz asiatique a été acclimaté au Proche-Orient et en Europe méridionale. Les Maures l'introduisirent en Espagne lors de leur conquête du pays vers 700, il s'est ensuite propagé en Italie dès le milieu du XVème siècle, puis en France et après l'époque des Grandes Découvertes fut implanté sur tous les continents. Ainsi, en 1694, le riz arrive en Caroline du Sud, venant probablement de Madagascar et les Espagnols l'apportèrent en Amérique du Sud au début du XVIIIème siècle.
L'espèce africaine Oryza glaberrima s'est répandue depuis son foyer originel, le delta du Niger, jusqu'au Sénégal entre 1500 et 800 av. J.C. mais n'a jamais connu un développement loin de sa zone d'origine. Sa culture a même subi un déclin en faveur de l'espèce asiatique, qui a vraisemblablement été introduite sur le continent africain par les caravanes arabes venant de la côte orientale entre le VIIème et le XIème siècle.
Le riz et le blé sont les céréales les plus consommées au monde. Pour plus de la moitié de la population mondiale, le riz ne fournit pas moins de 50 % des calories de l'alimentation. Il occupe une place si importante en Asie que cela se répercute dans la langue et les croyances locales. En chinois classique, le même terme sert à la fois pour désigner "riz" et "agriculture". Dans plusieurs langues officielles et dialectes locaux, le mot "manger" signifie "manger du riz". Enfin dans la sémantique orientale, les mots "riz" et "nourriture" sont parfois équivalents.
Les différentes formes de Riz
Le riz est classé en fonction de sa taille.
- long grain
- moyen grain
- petit grain
Ces différentes tailles de riz se trouvent sous forme de riz brun ou blanc.
- Le riz brun: ce riz a été décortiqué mais a toujours son son et son germe, le péricarpe uniquement a été enlevé. C'est pour cela que ce riz est plus riche que les autres riz en fibres, fer, riboflavine, potassium, phosphore et zinc.
De plus, le riz brun est la seule forme de riz qui contient de la vitamine E.
- Le riz blanc: c'est la forme de riz la plus connue. Les graines ont été polies pour enlever complètement le péricarpe, le son et la plupart du germe.
- Arborio: c'est un riz italien utilisé dans la préparation de plats italiens tel que le risotto (il peut aussi être utilisé pour la paëlla). C'est un riz blanc assez dur dont la graine est presque ronde. Ce riz absorbe 5 fois son poids en eau quand il cuit, ce qui le rend crémeux une fois cuit.
- Les riz aromatiques:
- Basmati: le plus connu des riz aromatiques. Il a une saveur de noix distinctive. Il est cultivé en Inde et au Pakistan.
- Jasmin: c'est habituellement un grain long qui est cultivé en Thailande.
- Farine
- Le riz sauvage: ce n'est pas une céréale mais une plante d'une famille différente (Zizania aquatica). Il est originaire de l'Amérique du Nord.
Riche en saveur, ce riz est environ trois fois plus riche en protéines que les autres riz et contient aussi beaucoup plus de vitamines B et de fibres.