AGENCE NATIONALE D'APPUI AU DEVELOPPEMENT RURAL
 
 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LA COTE D'IVOIRE PEUT-ELLE S'ASSURER UNE SECURITE ALIMENTAIRE?
la CI

La flambée des cours mondiaux des denrées alimentaires a eu pour conséquence l’embrasement du front social dans plusieurs pays africains, dont la Côte d’Ivoire où des manifestations de colère contre la vie chère ont eu lieu les 31 mars et 1er avril 2008.

Ces manifestations de colère des populations, baptisées par la presse occidentale d’ « émeutes de la faim », posent le problème de la sécurité alimentaire des pays en développement.

La  sécurité alimentaire c’est la disponibilité ainsi que l'accès à la nourriture en quantité et en qualité suffisante. C’est donc la possibilité pour un pays de subvenir aux besoins alimentaires de son peuple par sa seule production.
Partant de cette définition, l’on est en droit de s’interroger sur la capacité des pays du Sud et plus particulièrement des pays africains à assurer une sécurité alimentaire convenable à leurs populations.
Ramenée à la Côte d’Ivoire, la question peut se décliner ainsi : La Côte d’Ivoire peut-elle avoir faim ?

A première vue cette question frise l’hérésie, la Côte d’Ivoire étant un pays agricole. En ce sens que ce pays a tous les atouts naturels pour le développement de l’agriculture : une végétation diversifiée, favorisée par un climat où l’eau est un élément fondamental. Il est vrai que ces dernières années, les effets du changement climatique ont quelque peu bouleversé la situation.Mais en Côte d’Ivoire, l’agriculture a toujours joué un rôle considérable dans le développement économique. En effet, dès l’accession du pays à l’indépendance, les autorités politiques ont assigné un rôle-clé à l’agriculture. Elle doit être le pilier du développement économique.

A ce titre, elle fournit les devises (provenant de l’exportation de produits agricoles) nécessaires à la création d’infrastructures, à l’industrialisation. Le développement des cultures agricoles d’exportation (café, cacao, ananas, coton banane, palmier à huile…) a donc retenu plus l’attention des pouvoirs publics que celui des cultures vivrières. Cependant l’Etat n’a pas délaissé totalement le secteur vivrier. Il faut retenir par la même occasion que le comportement de l’Etat vis-à-vis du secteur vivrier a évolué de façon contradictoire. Il va entreprendre au milieu des années 60 jusqu’à la fin des années 70 la promotion des cultures vivrières dans le cadre de sa politique d’autosuffisance alimentaire. Cette promotion a pris en compte quelques produits comme le riz (avec la création de la SODERIZ), le manioc (dans la région de Toumodi) puis quelques cultures maraîchères et fruitière (dans le cadre de la SODEFEL) avec des résultats probants. Malheureusement, ces efforts seront interrompus et à partir des années 80, l’Etat va opter pour une politique d’importation de riz.

Cette politique va freiner le développement de cette spéculation.
En 1976, la Côte d'Ivoire satisfaisait ses besoins en consommation de riz. A cette époque, la population était de 7 millions d'habitants. Tout Etat souverain devant, sans être autosuffisant, produire une proportion très grande de ses besoins,
la CI a couvert 100% de sa consommation. Cette proportion est passée à 75% en 1985. A cette même époque,  les pays asiatiques produisaient un riz qui était sur le marché international à 75 FCFA le kilo quand le riz local se situait à 150 FCFA. Donc l'option était d'acheter le riz sur le marché international au lieu de subventionner les productions rizicoles nationales.
Ce choix, qui en son temps paraissait meilleur, a rendu la Côte d’Ivoire dépendante des importations du riz pour ses besoins de consommation de riz.

C’est dans ce contexte où la Côte d’Ivoire importe près de 60% de sa demande nationale qu’intervient la flambée des prix des produits alimentaires dont le riz.
Quand le prix du riz prend ainsi l’ascenseur, ce sont les populations urbaines, pour  qui cette céréale constitue l’aliment de base, qui subissent cette situation de plein fouet.


BIOCARBURANT ET SECURITE ALIMENTAIRE


Nourrir la population, voici l’objectif premier de l’agriculture. Dans nombre de pays africains, l’agriculture pilier de l’économie, est tournée vers les cultures de rente ; conséquence de ce choix, l’agriculture vivrière est réduite à sa portion la plus congrue. On fait du maraîcher pour juste nourrir la famille et le cacao ou le café le coton et l’hévéa pour engranger des richesses.
La récente flambée des prix des denrées agricoles a rappelé au monde que l’humanité n’a pas beaucoup à manger surtout ceux des pays africains.

Comment faire de l’agriculture pour garantir la sécurité alimentaire ? Le monde en est à cette réflexion qui n’a pas encore été résolue, que le boom des biocarburants vient corser la donne.
En CI, certains ne jurent que par le jatropha. En quête de culture de rente en ces temps où les chocolatiers menacent de boycotter le cacao ivoirien pour délit d’enfant esclaves dans les cacaoyères et le café confronté aux normes de qualité européennes, ochratoxine oblige- les exploitants agricoles de la nouvelle génération pensent que le jatropha peut être une solution.

Sans trop en savoir sur cette culture dans notre pays, certains ont déjà mis en place des hectares de plantations de jatropha. Séduits par la possibilité de faire fortune ils n’hésitent pas à faire ce saut dans l’inconnu.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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