«L’Afrique dispose suffisamment d’eaux, de terres, d’une grande diversité agro-écologique, d’un capital humain mobilisable et de technologies sous-exploitées faute de systèmes d’innovation performants », a déclaré Dr Seck, Directeur Général de l’ADRAO, Centre du riz pour l’Afrique, lors de la table ronde sur la pauvreté et la faim. Ayant ainsi tous les atouts sont de son côté, l’Afrique peut se nourrir. Mais atteindre ce but exige, six préalables selon Dr Seck :
1- Allouer au secteur agricole un budget conséquent
Augmenter les budgets du secteur agricole, les pays africains ne consacrant en moyenne que 4 % de leur budget à l’agriculture. Près de six ans après la résolution de Maputo, qui exprimait la volonté des 53 États de l’Union africaine de porter à 10 % ce montant, seuls 10 pays ont tenu leur engagement.
2- Investir davantage dans la recherche
Les publications de l’Afrique ne représentent que 0,3 % du capital des résultats scientifiques du monde et ne compte que 70 chercheurs pour 1 million d’habitants contre 4 380 pour le Japon. Pour améliorer la capacité de recherche du continent, les programmes nationaux, le Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (GCRAI) et les Institutions de recherche avancées (IRA) doivent être pleinement soutenues.
Investir davantage dans la recherche pour permettre la découverte de solutions techniques mieux adaptées au continent. L’Afrique doit ainsi majorer sa contribution à la recherche scientifique mondiale, où sa participation en capital n’est que de 0,3 %.
3- Maîtriser l’eau
Maîtriser l’eau pour sécuriser la production et augmenter les rendements. Selon la FAO, l’Afrique n’utilise que 4 % de ses ressources renouvelables en eau. Le riz irrigué permet pourtant de faire deux récoltes annuelles et d’obtenir des rendements trois à quatre fois plus élevés qu’en culture pluviale.
4- Mettre en place des infrastructures de base (magasins de stockage, routes, etc.)Mettre en place des infrastructures de base (stockage, routes, etc.),
pour permettre de lutter contre les pertes post récoltes (qui peuvent représenter 40 à 60 % de la production), mais aussi pour développer des opportunités d’accès au marché et augmenter les revenus des habitants ruraux d’au moins 30 %.
5- Des subventions ciblées pour l’acquisition d’intrants (semences, engrais et petite machinerie, etc.
)Faire des subventions ciblées pour l’acquisition de facteurs de production tels que les semences améliorées, les engrais, l’outillage, etc. En Afrique, pour certains produits tels que le riz, les rendements actuels ne représentent que 30 % environ des rendements potentiels. Il faut donc des subventions ciblées pour compenser le coût des innovations technologiques nécessaires à une hausse significative des rendements agricoles.
6- Soutenir les stratégies nationales, régionales et panafricaines de relance de l’agriculture
Enfin, les pays africains doivent soutenir sans faille les stratégies continentales de relance agricole, comme le Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine (CAADP) du Nepad.
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A ce titre, elle fournit les devises (provenant de l’exportation de produits agricoles) nécessaires à la création d’infrastructures, à l’industrialisation. Le développement des cultures agricoles d’exportation (café, cacao, ananas, coton banane, palmier à huile…) a donc retenu plus l’attention des pouvoirs publics que celui des cultures vivrières. Cependant l’Etat n’a pas délaissé totalement le secteur vivrier. Il faut retenir par la même occasion que le comportement de l’Etat vis-à-vis du secteur vivrier a évolué de façon contradictoire. Il va entreprendre au milieu des années 60 jusqu’à la fin des années 70 la promotion des cultures vivrières dans le cadre de sa politique d’autosuffisance alimentaire. Cette promotion a pris en compte quelques produits comme le riz (avec la création de la SODERIZ), le manioc (dans la région de Toumodi) puis quelques cultures maraîchères et fruitière (dans le cadre de la SODEFEL) avec des résultats probants. Malheureusement, ces efforts seront interrompus et à partir des années 80, l’Etat va opter pour une politique d’importation de riz. Cette politique va freiner le développement de cette spéculation.
Des Chiffres qui parlent
LES GRANDS PAYS RIZICOLES EN 2003 |
Superficies cultivées (milliers d’Ha) |
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Productions (millions de t. de riz paddy) |
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1. Inde |
44.000 |
1. Chine |
166,4 |
2. Chine |
27.398 |
2. Inde |
132 |
3. Indonésie |
11.477 |
3. Indonésie |
52,1 |
4. Bangladesh |
11.100 |
4. Bangladesh |
38,1 |
5. Thaïlande |
11.000 |
5. Vietnam |
34,5 |
6. Vietnam |
7.449 |
6. Thaïlande |
27 |
8. Philippines |
4.094 |
8. Philippines |
14 |
9. Brésil |
3.149 |
9. Brésil |
10,2 |
10. Cambodge |
2.000 |
10. Japon |
9,7 |
11. Japon |
1.665 |
11. Etats-Unis |
9 |
12. Népal |
1.550 |
12. Pakistan |
6,7 |
13. Etats-Unis |
1.213 |
13. Rép. De Corée |
6,1 |
14. Rép. de Corée |
1.013 |
14. Egypte |
5,8 |
15. Laos |
754 |
15. Nigeria |
4,9 |
Troisième céréale en termes de production après le blé et le maïs, le riz constitue la base de l’alimentation de la moitié de l’humanité.
Cent cinquante millions environ de rizières cultivées dans le monde produisent près de 600 millions de tonnes de riz paddy (non décortiqué), dont 90% en Asie où la Chine et l’Inde totalisent 50% de cette production.
La Thaïlande et le Vietnam sont les pays traditionnellement exportateurs de riz vers l’Afrique.
L’Afrique n’est pas un gros producteur mais un gros consommateur de riz.
L’Afrique importe environ 32% du riz mondial et produit moins de 2%. La production de riz de l’Afrique subsaharienne, selon l’ADRAO, a augmenté de 3.23% en 1961. En 2005, sa production a atteint environ 14.2 millions de tonnes. Entre 1999 et 2002, les importations de riz en Afrique de l’Ouest étaient de 3.8 millions de tonnes.
Les trois principaux pôles d’importations, selon le CIRAD, sont l’Extrême-Orient, l’Afrique subsaharienne et le moyen-Orient. Dans ces deux derniers pôles, le déficit tend à se creuser de plus en plus en raison d’une consommation croissante et d’une production insuffisante malgré les progrès observés.
En Afrique de l’Ouest les trois principaux importateurs de riz sont par ordre d’importance, le Nigeria, le Sénégal et la Côte d’Ivoire.
En 2008, selon la Banque Mondiale, le prix du riz thaïlandais est passer de 365 dollars US en janvier à 562 dollars US en mars de la même année ; soit 183% d’augmentation du prix global.
Le riz, contrairement aux autres céréales (CF :maïs…) est exclusivement réservé à la consommation humaine. Mais cette consommation est très variable d’un continent à un autre. Elle est en moyenne de 100 à 120 par an et par habitant en Asie, de 40 Kg en Afrique de l’Ouest et en Amérique latine et de 5 Kg en Europe.
Les besoins en riz de l’humanité augmente de l’ordre de 2% par an. La croissance de la production n’étant pas proportionnelle à la croissance démographique, la demande mondiale en riz peut ne pas être satisfaite.
Les prévisions du CIRAD font état de ce que d’ici 2025, la population mondiale va s’accroître de 100 millions d’habitants par an. A cette échéance, c’est près de 8,5 milliards d’habitants qu’il faudra nourrir. Faire face à une telle demande fait que la production du riz est un enjeu planétaire.
La Pyramide Alimentaire
« Dis moi ce que tu manges, je te dirai de quoi tu souffres », car la santé est dans notre assiette. En fait il faut mieux manger pour mieux vivre, conseil le programme national de nutrition.
SUCRE OU PRODUITS SUCRES
Glaces, chocolat, crème glacée…. Limiter la consommation
MATIERES GRASSES
Huile, beurre...
Limiter la consommation
VIANDE POISSON OU ŒUF
1 à 2 fois par jour
.LAIT OU PRODUITS LAITIERS
Yaourt, lait ou fromage
2 à trois fois par jour
FECULENTS CEREALES ET DERIVES
Pomme de terre, igname, banane, pain, maïs, riz….
3 fois par jour à chaque repas et davantage si vos activités physiques l’exigent.
FRUITS ET LEGUMES
Papaye, pomme, ananas , carotte, bananes douces, tomates, chou …
3 à 5 par jour à chaque repas et en cas de petit creux
BOISSONS
De l’eau à volonté, 1,5 à 2 litres par jour.Comme on le voit, la base de cette pyramide est constituée par l’eau. L’eau est donc le socle sur lequel repose une alimentation équilibrée telle que recommandée par le programme national de nutrition de la Côte d’Ivoire.
Il faut bien noter que ces recommandations nutritionnelles ne sont pas celles préconisées dans un régime alimentaire particulier.
Pour préserver notre santé, nous devrions manger un peu de tous ces éléments ci-dessus énumérés par jour en quantités suffisantes, ce serait l’idéal. En ce sens qu’il arrive que l’alimentation d’un individu, quelque soit son âge, soit constituée uniquement de féculents ou que cette personne abuse de l’un ou l’autre de ces éléments. Ce type d’alimentation est à la base de certaines carences alimentaires. On parle alors de malnutrition. Selon une idée très répandue, à tort d’ailleurs, lorsqu’on évoque la malnutrition, les yeux se tournent vers les personnes de milieux modestes ou des ruraux. Contrairement à cette idée, la malnutrition n’est pas l’apanage des pauvres, c’est la conséquence d’une alimentation non équilibrée.
De la même manière le visage émacié d’un enfant de milieu pauvre est symptomatique d’une malnutrition en vitamines A et B, de manque de fer ou autres sels minéraux, autant un enfant de bourgeois qui affiche un embonpoint à la limite de l’obésité souffre de malnutrition.