LA RIZIPISCICULTURE, LA TECHNIQUE QUI BOOSTE LA PRODUCTION DU RIZ A OUME                Par : KRA N’GUESSAN CZ OUME

Aliment principal de la population ivoirienne avec une consommation locale de 1 900 000 tonnes contre une production locale de 1 300 000 tonnes par an, la culture du riz est devenue une priorité pour l’Etat de Côte d’Ivoire. Pour ce faire, le Gouvernement a mis en place plusieurs projets afin de combler cette insuffisance et réduire au maximum l’importation de riz dans notre pays.
Ainsi, dans le cadre du projet « Diffusion de l’association riziculture-pisciculture par la technique de juxtaposition de l’étang piscicole et du casier rizicole », l’Agence Nationale d’Appui au Développement Rural (ANADER) a été sélectionnée en qualité de maitre d’œuvre pour l’adoption de la rizi-pisciculture sur les parcelles rizicoles et piscicoles.
Cette innovation se définit telle une technique qui permet de faire la juxtaposition de l’étang piscicole et du casier rizicole, destinée principalement aux riziculteurs qui permet d’améliorer la production du riz sans utiliser de pesticide, d’herbicides ni d’engrais.

Cette technique consiste à mettre en place un élevage de tilapia (Oreochromis niloticus) dans un étang piscicole dont les eaux de vidange servent à irriguer un ou plusieurs casiers rizicoles installés en aval à proximité. La communication entre les deux structures se fait par le biais d’un tuyau PVC reliant directement l’étang piscicole au casier rizicole. Elle peut aussi se faire par le jeu de diguettes orientant l’eau du canal de vidange de l’étang piscicole vers le casier rizicole sur une courte distance. Les zones de développement ANADER d’Abengourou, San Pédro, Soubré, Yamoussoukro et Oumé en sont les bénéficiaires.
La phase de mise en œuvre de ce projet est caractérisée par la sélection de 30 producteurs issus de dix (10) localités du département d’Oumé pour être formés à l’itinéraire technique du riz irrigué selon le Système de Riziculture Intensive (SRI), de la pépinière à la récolte. Cette technique est suivie d’un élevage piscicole de l’empoissonnement de l’étang à la pêche finale et sur l’association des deux activités (rizi-pisciculture).
Douze candidats à l’application ont été retenus sur les 30 sélectionnés. Ils ont tous été approvisionnés en alevins et les casiers rizicoles ont été mis en place. Des résultats satisfaisants en production de riz et des poids moyens de poisson ont déjà été obtenus chez certains producteurs.

En effet, le rendement de la parcelle irriguée par l’eau de l’étang piscicole s’avère être plus élevé que celui de la parcelle à la pratique paysanne habituelle. A l’instar, des résultats habituels l’on peut souligner que 5,34 t/ha ont été récoltés contre 4,29 t/ha au premier cycle et 3,58 t/ha contre 2,68 t/ha au second cycle donnant un taux global d’augmentation de 24,47% à 33,58%. Pour la pisciculture, la pêche finale réalisée donne un poids moyen de 307,25 g. Ces résultats significatifs sont prometteurs et encourage l’adoption de la nouvelle technologie. Elle permet également une production intensive et biologique du riz tout en améliorant la croissance des poissons pour l’obtention d’un poids moyen considérable en temps réduit (évolution de 50 à 60% comparativement au poids moyen de l’ancienne technique et pour la même durée d’élevage).
Il est important de souligner que le développement et l’adoption de cette innovation permettront d’accroître de façon durable et compétitive la production nationale du riz et du poisson pour garantir la sécurité alimentaire dans notre pays.
Pour rappel une formation des techniciens spécialisés en Elevage et en Cultures annuelles sur les techniques de rizipisciculture, s’est tenue lors de la cérémonie de lancement du projet du Fonds Compétitif pour l’innovation Agricole Durable (FCIAD), les 26 et 27 septembre 2019 à la mairie d’Oumé. L’unité pédagogique de la formation des producteurs avait été mise en place sur un site aménagé à cet effet.




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