AGENCE NATIONALE D'APPUI AU DEVELOPPEMENT RURAL
 
 

 

Changement Climatique

L’ANADER FACE AU DEFI DES CHANGEMENTS CLIMATIQUES EN MILIEU RURAL EN COTE D'IVOIRE

La Côte-d’Ivoire est un pays essentiellement agricole qui tire de l’agriculture : • 34% du Produit Intérieur Brut (PIB), • 65% des recettes d’exportation et60% des emplois. climat1La nouvelle politique agricole de la Côte-d’Ivoire consiste désormais à privilégier le développement des cultures par filière ou par groupe de filières, ce qui favorise un développement rapide desdites filières. L’agriculture ivoirienne par conséquent est très diversifiée, allant des cultures de rente ou cultures d’exportation (café-cacao, palmier à huile et cocotier, hévéa, agrumes à essence, banane poyo, ananas, etc…) aux cultures vivrières (manioc, plantain, igname, cultures maraîchères et légumières…).

Cette agriculture produit dès lors de grandes quantités de bio-déchets non recyclés. Ces résidus agricoles sont le plus souvent produits dans les ban- lieux des grandes agglomérations où sont localisées de petites unités de transformation : décorticage du café et du riz paddy, scieries de bois, menuiseries, etc… Des élevages urbains de volailles, de bœufs et de porcs produisent aussi des quantités non négligeables de lisiers le plus souvent abandonnés à l’air libre et dégageant des odeurs nauséabondes, leur décomposition lente à l’air libre libérant une certaine quantité de méthane dans l’atmosphère. Conscient de la détérioration de l’environnement et des risques qu’elle engendre, l’Etat de Côte d’Ivoire a défini des stratégies pour gérer de façon rationnelle les ressources naturelles et promouvoir le développement durable à travers des programmes d’action. Entre autres programmes, il y a la gestion des déchets urbains et agricoles.

C’est dans ce cadre que la Côte-d’Ivoire, à l’instar de tous les autres pays, a signé deux importantes conventions, lui permettant désormais de bénéficier de tous les appuis logistiques et financiers du Mécanisme pour un Développement Propre (MDP) dont nous rappelons les dates :

1- La mise en Œuvre de la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC), au niveau national, s’est matérialisée par la ratification de la Côte d’Ivoire de ladite Convention, le 20 novembre 1994.

2- Le protocole de Kyoto adopté le 11 décembre 1997 à Kyoto au Japon, a été ratifié par la Côte d’Ivoire le 10 novembre 2006 (Source : Loi n°2005-521 du 27 octobre 2005).C’est dans ce contexte que l’ANADER a décidé alors d’entreprendre un vaste projet de séchage de cacao par chaleur de combustion des résidus de récolte des produits agricoles, cacao notamment, projet qui pourrait aussi bien alimenter en énergie électrique un certain nombre de villages et campements où l’activité agricole est importante.

Quelques impacts des changements climatiques déjà perceptibles en Côte d’Ivoire

• Baisse des hauteurs des pluies : tandis que nous obtenions des hauteurs annuelles moyennes de 2120mm de pluies pendant la période partant de 1951 à 1980, aujourd’hui nous sommes à 1637 mm de hauteur de pluies ( sources: annuaires des statistiques agricoles 1993 et 2005).

• Baisse du débit des fleuves intérieurs parcourant le pays du nord au sud. Nous notons ce phénomène à Sankadiokro, localité de la commune d’Abengourou où le fleuve Comoé est pratiquement devenu une «eau stagnante».

• Avancée de la mer : elle a entraîné la destruction des maisons sur le littoral depuis Bassam jusqu’a Port bouët.

• Engloutissement de l’ancienne route de Bassam par la mer, des monuments détruits par la violence des vagues (Sources: rapport d’enquête 2007 de M .SILUE DOYERI étudiant en maîtrise de communication à l’Université de Cocody). Présentation du Projet Le Projet pilote sera situé dans la Sous-Préfecture de Méagui, dans le Département de Soubré, dans la Région du Bas-Sassandra. La Sous-Préfecture de Méagui est située à 50 km du chef lieu de département, sur l’axe Soubré-San-pédro (voir carte de la zone pilote). Description du projet

• Les résidus de récolte sont compactés en briquettes

• Les briquettes sont séchées sur l’aire de séchage de l’unité et transportées à la chaudière

• La chaleur produite par la chaudière est transportée d’une part sous le séchoire à cacao et d’autre part vers le turbo générateur pour la production d’électricité

• L’électricité produite alimentera l’unité de séchage et les villages et campements de la zone du projet Quelques caractéristiques de la zone pilote du projet agri_cacao La zone du projet d’un rayon de 20 km comporte : - Population : 103 666 habitants - Ménages : 13 666 Quantités de résidus produits : - cacao : 90 000 tonnes de résidus de récolte - café : 813 tonnes de résidus - riz : 482 tonnes de résidus Le projet de Méagui vise la valorisation énergétique des résidus agricoles, notamment café, cacao et riz.

Ce projet permettra d’éliminer des émissions de méthane qui, en l’absence du projet, seraient rejetées dans l’atmosphère. L’amélioration de la qualité du cacao marchand ivoirien par un séchage moderne, sain et bon marché est une solution à moindre coût qui viendra rehausser la compétitivité de la Côte-d’Ivoire sur le marché international du cacao. De plus, utiliser les cendres issues de la chaudière comme engrais à moindre coût dans la production cacaoyère pour améliorer les rendements est une solution souhaitable pour les consommateurs de produits biologiques, mais surtout pour les agriculteurs à moindres revenus.

Perspectives Après le projet pilote de Méagui, d’autres unités plus ou moins importantes de cogénération à biomasse seront construites dans les grands centres de production de cacao, dans le double objectif de sécher le cacao et de fournir de l’électricité aux villages et campements de planteurs de café, cacao et autres produits agricoles. Il est prévu en extension du projet pilote jusqu’en 2015, environ 70 unités de cogénération, avec possibilité de réduction moyenne de 150 kt d’Eq.CO2/site/an par unité, soit environ 10 500 kt Eq.CO2/an évitées pour l’ensemble du pays au titre seulement de la production cacaoyère. sechage Ce projet dans sa phase finale en 2015 emploiera environ plus 1 000 employés permanents et occasionnels, distribuera environ 500 000 000 F CFA de salaires, séchera environ 300 à 400 000 tonnes de cacao, et électrifiera 700 à 1 000 villages et campements en Côte-d’Ivoire. Rappelons que la Côte-d’Ivoire, produisant environ 1,2 à 1,4 millions de tonnes de cacao par an, rejette au moins chaque année, environ 9,6 à 11,5 millions de tonnes de résidus par an, provenant uniquement du cacao.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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