LES DEFIS DE LA SANTE COMMUNAUTAIRE IDENTIFIES A DAKAR    -     Par :DCRP

Partager les expériences et bâtir des stratégies pour une « santé pour et par les communautés », est l’objectif pour lequel des experts de 13 pays africains se sont réunis à Dakar, au Sénégal du 14 au 16 mars 2018. Sous le thème « Institutionnalisation de la santé communautaire pour des systèmes de santé performants et résilients : leçons apprises pour une meilleure implication des communautés », le premier forum sur la santé communautaire a été une véritable plateforme d’échanges d’expériences des différents pays participants.

A cet effet, la Côte d’Ivoire a livré ses expériences à travers

2 communications : l’une sur « Evaluation du fonctionnement des Comités de Gestion (COGES) ruraux dans six (6) districts sanitaires de la Côte d’Ivoire » et l’autre sur « Expérience réussie d’intervention à base communautaire en milieu rural : cas de l’Agence Nationale d’Appui au Développement Rural en Côte d’Ivoire dans la lutte contre Ebola »

.Cette dernière présentation a permis à Dr Kouassi Jean-Pierre, Directeur du Programme d’Appui à la Lutte contre les Pandémies en milieu rural (PALP) et Chef de la délégation de l’ANADER à ce forum, de partager avec les experts des différents pays, le cas de réussite que constitue le la gestion préventive d’Ebola dans notre pays, expérience qui se distingue par une forte volonté politique du Gouvernement de protéger les populations de cette pandémie apparue en décembre 2013 et qui a fait des milliers de morts dans les pays partageant une frontière avec la Côte d’Ivoire (Libéria, Guinée,Sierra Léone). Poursuivant, Dr Kouassi expliquera à l’assistance que les mesures prises par le Gouvernement, à savoir, l’interdiction de la vente et de la consommation de la viande de brousse ont permis de barrer la route à Ebola. Cependant-révèlera-t-il, l’atteinte de cet objectif repose en grande partie sur le dispositif de l’ANADER qui a accompagné l’engagement du Gouvernement à travers la mise en œuvre d’un projet dans 24 villages le long des frontières Ouest et Sud-Ouest, et ce, avec ses partenaires.


Ainsi, ce sont 7621 personnes touchées par les actions de sensibilisation de masse à travers 269 réunions tenues avec les populations locales, et la mise en œuvre d’activités génératrices de revenus au profit des acteurs de la chaîne du gibiers (chasseurs, tenancières de maquis etc). Toutes ces dispositions ont permis à la Côte d’Ivoire d’être épargnée par la maladie à virus Ebola. Cette expérience a fortement intéressé les participants, surtout, le dispositif de l’ANADER et son maillage de toute l’étendue du territoire ivoirien. Plusieurs autres communications ont mis en exergue les différents défis de la santé communautaire dans les pays présents, tels que, les innovations communautaires dans la lutte contre les maladies, l’approche « One Health »,le financement de la santé communautaire etc. Le forum de Dakar a également été l’occasion de regards croisés sur des questions importantes, à savoir, le statut et la motivation des Acteurs de Santé Communautaire (ASC). Au nombre de 14 000 en Côte d’Ivoire, le statut de ces volontaires qui accompagnent et soutiennent les structures sanitaires dans l’offre de soins aux populations, reste une préoccupation dans les différents pays qui ont partagé les initiatives en cours en vue de les motiver et valoriser leur contribution à l’amélioration de la couverture géographique des soins dans les pays africains. Ce forum a également été l’occasion d’instruire les différentes délégations sur les orientations de l’Organisation Ouest Africaine de la Santé (OOAS)relativement à l’institutionnalisation de la santé communautaire avec le Directeur de cette institution panafricaine, Pr Namoudou Kéita.

Il relèvera par ailleurs que seuls 3 pays (Botswana, Rwanda et Zambie) consacrent effectivement 15% de leur budget à la santé comme le recommande l’organisation. Ce forum offrait aussi aux participants l’occasion de visiter un village communautaire où les délégations exposaient leurs méthodes et résultats. Ainsi, M. Saré Amédée, Chef de Division Appui au Développement Local a expliqué la méthodologie de l’accompagnement communautaire de l’ANADER dont la spécificité est la « Carte à risque ».

Au terme de 3 jours d’échanges et de partage d’expériences,

des recommandations ont été formulées, à savoir, mettre en œuvre le plan national stratégique de santé communautaire du Sénégal, capitaliser les initiatives, documenter les innovations. Le forum recommande aux collectivités de s’approprier la santé communautaire sur leurs territoires en soutenant les initiatives. En marge de ces travaux, la délégation de l’ANADER a rencontré plusieurs responsables d’institutions et Partenaires Techniques et Financiers afin d’envisager des pistes de partenariats dans le cadre de son action de lutte contre les pandémies en milieu rural.

En somme, le forum sur la santé communautaire de Dakar fut une tribune pour les experts de la Gambie, du Burkina Faso, du Mali, de la

Guinée, de l’Ethiopie, du Burundi, du Togo, du Benin, du Niger, des 2 Congo, de la Côte d’Ivoire, du Sénégal et du Cameroun de s’accorder sur les enjeux de la santé communautaire qui constitue pour les pays africains une réelle opportunité d’améliorer l’offre de soins aux populations. Cependant, de nombreux défis restent encore à relever, au nombre desquels, la pérennisation des initiatives avec des financements endogènes.




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