GENRE ET DEVELOPPEMENT ET SA MISE EN ŒUVRE PAR L’ANADER
L’ANADER a entamé un processus d’intégration du Genre depuis novembre 1997, suite à un constat de la faible représentativité des femmes dans la cible de sa clientèle encadrée.
- Que renferme la notion de Genre ?
- Comment le Genre est entré à l’ANADER ?
- Quelle sont les stratégies et actions développées ?
Autant de questions auxquelles ce document tente de répondre en vue de contribuer à une large information du milieu sur le Genre.
QU’EST-CE QUE L’APPROCHE GENRE ?
Traduire de l’anglais « Gender », le concept Genre fait référence aux attributs, rôles et caractéristiques construits socialement et culturellement pour définir et le masculin « male » et le féminin « femelle ».
Cette construction sociale évolue dans le temps et l’espace et suivant les contextes socio-économiques et politiques.
C’est une notion dynamique qui intègre les effets de générations et de cycle de vie.
Le Genre est différent du sexe.
Le sexe se réfère aux caractéristiques biologiques et naturelles. Le sexe est immuable et universel.
Le Genre, en tant que construction sociale et culturelle n’est pas neutre. En effet, la normalisation des rôles, attributs et caractéristiques de « femelle » et « male » véhiculent des distorsions, déséquilibres et discriminations envers l’un et l’autre sexe.
Du fait de ces distorsions et de son caractère modifiable par la société, le concept Genre a été introduit dans le développement comme approche.
APPROCHE GENRE ET DEVELOPPEMENT (GED)
L’approche GED est une approche tirée du concept Genre. Elle a pour objet la catégorisation sociale. Elle analyse les relations entre hommes et femmes pour mieux comprendre les rôles et statuts, les opportunités et contraintes.
Le GED permet de mieux diagnostiquer :
- les différents types de travail et leur répartition selon le sexe, les distorsions et discriminations générées et les stratégies d’actions efficaces pour les réduire.
- l’accès et le contrôle des ressources par les différents acteurs des programmes de développements
- les niveaux de participation des acteurs du développement ;
- les besoins pratiques et intérêts stratégiques des hommes et des femmes ;
- les différents facteurs d’influence sur les projets et programmes
- etc.
La finalité du GED est de construire un développement équitable, durable et participatif.
Le GED est une approche complexe et multidimensionnelle destinée à apprécier les modifications et organiser les interventions pour aboutir à un développement équilibré, humain et durable.
Comment le genre-est-il appliqué à l’ANADER ?
GENRE ET PROMOTION DE LA FEMME A L’ANADER
Le genre a fait son entrée à l’ANADER par la porte de la promotion de la femme rurale. Plus précisément de l’intégration de la femme dans le développement agricole.
En effet, le premier Programme National d’Appui Aux Service Agricoles (PNASA 1) avait pour objectif de mettre en place un système de vulgarisation opérationnel. La typologie des acteurs touchés n’était pas une préoccupation majeure. Les activités avaient porté sur les recrutements, la mise en place du dispositif, l’équipement, les outils de vulgarisation.
- Les canevas disponibles pour le compte rendu des activités et résultats n’étaient pas différenciés par sexe.
- Les anciennes structures d’encadrement dissoutes : SATMACI, SODEPRA, CIDV encadraient essentiellement les producteurs de café ; cacao ; bovins et ovins qui étaient en majorité des hommes. Les agents de développement et les exploitants agricoles se sont habitués à un encadrement masculin or l’ANADER en se mettant en place, a puisé l’essentiel de son personnel parmi les anciennes structures. On peut supposer qu’il n’existait pas de réflexe de prise en compte des femmes agricultrices. Ces dernières, par habitude, supposaient également que l’encadrement agricole ne les concernait pas. Au-délà de ces généralités, il existait de nombreux projets agricoles, et de développement intégré notamment dans le nord du pays et le centre qui ciblaient les femmes.
En 1997, le taux de femmes encadrées par l’ANADER étaient de 8% de l’ensemble des exploitants encadrés. Ce qui représente une distorsion par rapport à la mission de l’ANADER qui consiste à professionnaliser les exploitants agricoles hommes et femmes et leurs groupements.
Ce constat a créé un déclic, dans la mesure où les femmes rurales dans les pays en développement assurent 60 à 80% de la production alimentaire.
Les observation de tous les jours sur le terrain montrent une implication des femmes dans les principales activités agricoles.
Le faible taux de représentativité des femmes (en 1997) loin de traduire un manque d’intérêt par l’ANADER, s’explique plutôt par la non-spécification de la prise en compte différenciée des agriculteurs dans les objectifs de développement.
Le premier objectif principal visé par l’intégration du Genre à l’ANADER est de donner les mêmes opportunités d’accès des Femmes et des hommes aux ressources productives et à l’encadrement. L’une des préoccupations de l’Agence est de rendre visible la contribution des femmes dans la production agricole.
Cette négligence du genre en tant qu’approche sera corrigée dans le second Programme National d’Appui Aux Services Agricoles. Des indicateurs spécifiques devant être pris en compte dans les évaluations périodiques ont été systématiquement retenus :
- 30% des exploitants participant aux Comités Techniques Régionaux et Diagnostics Participatifs doivent être des femmes ;
- 30% des exploitations touchés à la fin 2001 par la vulgarisation agricole doivent être des femmes ;
- 25% des contraintes exprimées par les femmes doivent faire l’objet de tests en recherche/développement ;
- 50% des organisations professionnelles agricoles constituées spécifiquement de femmes devront être touchées après 3 ans.
Le second objectif principal est de Développer une approche Genre de façon transversale, dans toutes les composantes de l’agence y compris au niveau institutionnel.
Pour atteindre ces objectifs une stratégie bâtie en plusieurs points a été élaborée :
• Création d’un service Genre et Développement
Le service GENRE a pour mission d’assurer la conscience du Genre et de veiller à la prise en compte et son application dans toutes les composantes. A ce titre, ce service est chargé de proposer des stratégies et définir des étapes de progression dans le processus d’intégration du genre. Ce service est rattaché directement à la Direction Générale.
• Information et formation des agents
L’information et la formation perpétuelles des agents constituent une stratégie clé vulnérables et à s’adapter à toutes les évolutions et l’approche Genre.
• Fixation de quota dans les normes d’encadrement
• Intégration de l’approche Genre dans les outils de collecte et d’analyse de données. Les données sont, autant que faire se peut, différenciées par sexe.
• Appui à l’organisation des femmes et à la promotion de la vie associative
• Développement de partenariat avec des structures sensibles au Genre
• Organisation de voyage d’échanges comme outils pour la promotion du Genre
• Développement d’actions de plaidoyers et d’informations pour attirer l’attention de toute les communauté sur les préoccupations et rendre visible la contribution des femmes
• Participation à différents forums traitant du Genre : Journée de la femme, conférences, tables rondes, émissions radiophoniques, journées portes ouvertes, foires…
• Décentralisation de la conscience Genre dans les régions :
Des correspondant (e)s sont désigné (e)s au niveau régional et départemental
• Mise en place d’une équipe de formateurs en GENRE pour assurer la pérennité de cette action.