Interview Coordonnateur National Adjoint Café-Cacao ANADER : Le Farmer Business School fait désormais
partie des curricula de formation de l’ANADER
-   -     Par : Stéphane DIBI (DCRP)

 

Le Farmer Business School fait désormais partie des curricula de formation de l’ANADER

L’amélioration des conditions de vie et de travail des populations vivant en milieu rural, telle est la mission confiée par l’Etat de Côte d’Ivoire à l’Agence Nationale d’Appui au Développement Rural (ANADER). Plusieurs techniques et approches sont mises en place par l’entreprise afin d’atteindre cet objectif dont entres autres l’Ecole d’Entreprenariat Agricole (EEA) ou Farmers Business School (FBS).
Monsieur Kouakou Djê Robert, Coordonnateur National Adjoint des filières Café et Cacao à l’ANADER a présenté cette nouvelle approche lors de son passage à l’émission « Le Monde Agricole » de Radio-Côte d’Ivoire du lundi 23 août 2021.



1- Comment peut-on définir le concept de Farmers Business School ou Ecole d’Entreprenariat Agricole ?

L’Ecole d’entrepreneuriat agricole(EEA) ou Farmer Business School (FBS) est une approche de formation pour les petits exploitants agricoles visant à renforcer leurs compétences entrepreneuriales pour obtenir plus de revenus provenant d’une production diversifiée. En d’autres termes, l’Ecole d’entrepreneuriat agricole est une démarche visant à allier le savoir-faire technique à un savoir-faire managérial par l’apprentissage à la gestion agricole.

2- Quelles sont les raisons qui ont milité à développer ce concept ici en Côte d’Ivoire ?

Il est important de savoir que l’Ecole d’entrepreneuriat agricole a été développée depuis 2010 suite à une étude menée dans 5 pays à savoir le Ghana, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Nigéria et le Libéria. Ladite étude a démontré l’existence d’une insuffisance dans plusieurs domaines dont entre autres, la formation technique et la capacité entrepreneuriale des acteurs des chaines de valeur.

3- Depuis combien de temps l’ANADER enseigne-t-elle cette pratique aux exploitants agricoles ?

L’ANADER enseigne cette pratique agricole aux producteurs depuis 2010. Nous avons à cet effet conçu et élaboré 12 modules de formation à l’entreprenariat agricole lors d’un atelier régional à Accra en février 2010. Ces 12 modules ont été expérimentés à travers des formations pilotes de 50 producteurs membres de la Coopérative agricole de Diangobo à Abengourou.

Par la suite, plusieurs formations pilotes ont été conduites dans les localités de Divo, Daloa, Soubré, San-Pedro et Abengourou. Ces différentes expériences ont abouti à des formations à grande échelle des producteurs dans les coopératives sélectionnées par le programme.

4- Combien de filières sont-elles concernées par ce concept ?

L’Ecole d’entrepreneuriat agricole s’adresse à toutes les filières de production. A ce jour, les modules ont été adaptés aux filières café, cacao, anacarde, coton et hévéa.

5- Comment les producteurs perçoivent-ils ce nouvel outil ?

Pour le producteur c’est un nouvel outil et leur présence aux sessions de formation dénote de l’importance qu’ils lui accordent. Pour eux, c’est un outil qui leur donne un meilleur aperçu des résultats obtenus.

6- Quels sont les avantages liés à la mise en œuvre de ce concept pour les producteurs ?

C’est un concept qui présente plusieurs avantages. Il permet tout d’abord d’éclairer le petit producteur à l’abandon des pratiques courantes utilisées des années durant en fonction de son expertise personnelle et sans résultats conséquents. Par ailleurs, cette pratique contribue à mettre en valeur les bonnes pratiques agricoles recommandées et diffusées par le technicien, conseiller de gestion et de vulgarisation des innovations.
De ce fait, le petit producteur pourra comparer son système de production courant avec le système qui repose sur les bonnes pratiques agricoles afin de prendre des décisions rationnelles pour l’amélioration de la productivité et de la rentabilité de ses activités. En somme, Il s’agit d’une transition entre l’agriculture perçue comme un destin (alternatives limitées, subsistance) et l’agriculture en tant qu’activités commerciales.

7- A ce jour, quels sont les résultats obtenus sur le terrain ?

L’Ecole d’Entreprenariat agricole a contribué à la formation de 119 151 producteurs dont 116 844 en culture de Café –Cacao et 2 307 en culture d’anacarde pour 20% de femmes. Nous disposons aujourd’hui de 3 maitres formateurs, 106 formateurs dont 71 en culture de café-cacao et 35 en culture d’anacarde habilités à former au FBS.
Cette pratique a permis également la formation de 110 Animateurs de Développement Rural (ADR) en charge du suivi post-formation et des bonnes pratiques agricoles en cacaoculture et cultures vivrières. Enfin, 30 ADR femmes sont en charge de l’alimentation équilibrée et de la nutrition.

8- Au vu de ces résultats, quelles sont les perspectives envisagées par l’ANADER pour la pérennité et l’amélioration de ce concept sur le terrain ?

Le FBS fait désormais partie des curricula de formation de l’ANADER. En effet, sur instruction du Directeur Général Dr Sidiki CISSE, les résultats économiques doivent désormais être pris en compte dans les interventions des techniciens de l’ANADER. Le FBS a donc un bel avenir dans notre entreprise.


Monsieur KOUAKOU DJE ROBERT
COORDONNATEUR NATIONAL ADJOINT CAFE-CACAO ANADER




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