NOTRE ACTUALITE

ODIENNÉ : L’ANADER ACCOMPAGNE UNE INNOVATION ÉCOLOGIQUE DE TRANSFORMATION DES RÉSIDUS DE MANIOC EN BIO-INTRANTS AGRICOLES

L'Agence Nationale d'Appui au Développement Rural (ANADER) confirme une nouvelle fois de plus son engagement en faveur du développement durable et de l'innovation agricole. Le vendredi, 17 juillet 2026, dans le quartier Kamatela à Odienné, elle a apporté son expertise technique à une initiative portée par l'ONG L'Œil du Denguélé, visant à transformer les résidus liquides issus de la transformation du manioc en herbicides, pesticides et fertilisants naturels.

Cette activité s'inscrit dans le prolongement d'une formation en ligne organisée par le Ministère de la Jeunesse et de l'Insertion Civique à l'intention des Organisations de la Société Civile (OSC). À l'issue de cette formation, deux membres de l'ONG, Mme Koné Mariam épouse Kanté, vice-présidente, et M. Koné Abdoul, secrétaire général adjoint, ont conduit, avec leur président M. Diaby Ibrahim Kalil, un diagnostic participatif afin d'identifier une problématique environnementale majeure dans leur zone d'intervention.

Le choix s'est porté sur le quartier Kamatela, où plusieurs centaines de femmes transformatrices de manioc rejettent quotidiennement les effluents liquides de leurs activités dans les ruelles, créant des nuisances environnementales et sanitaires. Soucieuse d'apporter une solution durable, l'ONG a engagé des recherches qui ont permis d'identifier une méthode de valorisation de ces résidus en bio-intrants agricoles.

Pour garantir la fiabilité scientifique et technique de cette innovation, l'ONG a sollicité l'accompagnement de l'ANADER. Fidèle à sa mission d'appui-conseil au monde rural, la Direction Régionale Nord-Ouest, sous l'impulsion de son Directeur régional, a immédiatement adhéré à l'initiative en mettant à disposition le Chef de la Section Productions Végétales, M. Aké Owanze Simon, chargé d'assurer l'encadrement technique du projet.

Au cours de la cérémonie officielle, organisée en présence des autorités administratives, des partenaires techniques, des chefs communautaires et des populations, le spécialiste de l'ANADER a présenté les fondements techniques du procédé de transformation des résidus liquides de manioc ainsi que les conditions de leur utilisation en agriculture.

La démonstration pratique a constitué le moment fort de la journée. Les essais effectués sur des adventices ont permis d'observer l'efficacité du produit obtenu, suscitant un vif intérêt auprès des populations, particulièrement des femmes transformatrices, directement concernées par cette problématique.

Au-delà de la démonstration, l'ANADER poursuivra son accompagnement à travers des actions de sensibilisation et de renforcement des capacités des bénéficiaires. Dès les prochains jours, des sessions de formation seront organisées afin de permettre aux femmes de maîtriser les techniques de collecte, de traitement et de valorisation des résidus liquides de manioc, transformant ainsi un déchet polluant en une ressource utile pour l'agriculture.

Cette initiative concerne sept (07) groupements de femmes, représentant près de 475 transformatrices de manioc à Kamatela. Elle illustre parfaitement l'importance du partenariat entre les organisations de la société civile, les autorités administratives et les structures techniques de développement pour répondre efficacement aux défis environnementaux.

À travers cette collaboration, l'ANADER démontre une fois de plus son rôle de partenaire stratégique des communautés rurales. En mettant son expertise au service de solutions locales, l'institution contribue non seulement à la protection de l'environnement, mais également à la promotion d'une agriculture plus durable, innovante et respectueuse des ressources naturelles.

Cette expérience pilote ouvre des perspectives prometteuses pour la valorisation des déchets agricoles dans d'autres localités du pays. Elle témoigne de la capacité de l'ANADER à accompagner les initiatives communautaires innovantes et à transformer les défis environnementaux en véritables opportunités de développement économique et social.

  IBRAHIMA DAGNOGO, PFCRP DRNO