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PROJET ACCEL AFRICA : L’ANADER PRÉSENTE SES RÉALISATIONS CONCRÈTES À L’AMBASSADEUR DU ROYAUME DES PAYS-BAS

Au cœur de la région de la Nawa, là où le cacao dessine le paysage et le quotidien de milliers de familles, une transformation silencieuse mais profonde est en marche. Ce vendredi 13 mars 2026, la sous-préfecture de Grand-Zattry a vécu un moment fort avec la visite de terrain de l’Ambassadeur du Royaume des Pays-Bas en Côte d’Ivoire, Jeroen Kelderhuis.

Accompagné des autorités locales, le diplomate est venu toucher du doigt les réalités du projet ACCEL Africa. Porté par l’Organisation internationale du Travail (OIT) et mis en œuvre par l’agence Nationale d'Appui au Développement Rural (ANADER), leader du conseil agricole et rural en Côte d’Ivoire, ce programme s'attaque avec pragmatisme aux racines du travail des enfants en misant sur l'autonomisation des communautés.

Le périple a débuté à Zakoéoua, un village où l'innovation se conjugue au féminin. Ici, l’expertise de l’ANADER a permis de mettre en place une unité de transformation de manioc qui change la donne pour les mères de famille. « Faire de l’attiéké nous a fait sortir de la pauvreté », confie Kouamé Ahou Béatrice, le sourire aux lèvres.

Mais l'impact dépasse le simple revenu : cette production alimente désormais la cantine scolaire locale. Comme le souligne Yoboué Adjoua, les enfants, mieux nourris, abordent l'école avec plus de sérénité, prouvant que la lutte contre le travail des enfants commence souvent par une assiette pleine et une maman épanouie.

L’étape de Kotabliéoua a révélé un autre pan du génie rural : la valorisation des déchets. Grâce à l’accompagnement technique de l'ANADER, les producteurs de la Nouvelle Entreprise Coopérative Agricole de Bagoliéoua (COOP-CA NECAB) transforment désormais les cabosses de cacao, autrefois jetées, en biochar. Ce charbon biologique sert de fertilisant naturel, réduisant drastiquement l’achat d’engrais chimiques.

Pour Yaboa Oumarou, le calcul est simple : l'argent économisé sert désormais à la scolarisation des enfants. C’est cette intelligence de terrain, portée par les conseillers de l’ANADER, qui permet de concilier productivité agricole et protection de l’enfance.

À Bagoliéoua, c'est la sécurité sociale et financière qui a pris le relais. Entre l'enrôlement à la Couverture Maladie Universelle (CMU) et le succès des Associations pour la Valorisation de l’Entraide Communautaire (AVEC), les familles se tissent un filet de sécurité inédit. Séri Mélanie et Gadou Louise témoignent avec fierté de leur nouvelle capacité à gérer l'épargne, permettant l'achat d'un congélateur pour un petit commerce ou la rénovation d'une toiture. Ces victoires du quotidien sont autant de remparts contre la précarité qui pousse parfois les enfants vers les champs.

En fin de journée, l’enthousiasme était partagé. Paul Koffi Agénor, coordonnateur du projet, s'est félicité de voir des réalisations aussi concrètes, tandis que l’Ambassadeur Jeroen Kelderhuis saluait l’implication totale de l’État ivoirien à travers ses autorités locales.

Par ce déploiement multisectoriel, l’ANADER confirme son rôle de pilier stratégique en renforçant le portefeuille des parents et en modernisant les techniques agricoles. Elle offre ainsi aux enfants de la Nawa le plus beau des horizons : celui des bancs de l’école.

Rodolphe MESSAN, PFCRP DRSO